
Justice : Détenu en prison depuis un mois, un ex-employé d’UBA dénonce une procédure viciée » et une détention dangereuse pour sa santé
Glody Aleko Kibwila, ancien collaborateur de la United Bank for Africa (UBA), purge une détention préventive que ses proches jugent « illégale ».
Placé sous mandat d’arrêt provisoire le 30 avril dernier, il n’a jamais été présenté en chambre du conseil dans les délais requis. L’affaire, qui conjugue litige professionnel, accusation d’abus de confiance et état de santé critique, interroge sur le respect des garanties judiciaires en République démocratique du Congo.
Licencié par UBA pour des faits qu’il conteste, Glody Aleko Kibwila avait déposé une plainte pour licenciement abusif devant l’Inspection générale du travail. Le 30 avril 2026, il se présentait à une confrontation convoquée par cette instance.
À sa sortie, des policiers en tenue civile l’ont interpellé, munis d’un avis de recherche. Sa famille dénonce un « guet-apens judiciaire » : l’intéressé n’a jamais cherché à se soustraire à la justice, puisqu’il est rentré d’Europe dès qu’il a eu connaissance de soupçons de fausses factures sur les services SMS Banking et Visa.
L’enquête, ouverte sous la référence RMP.11532/CKM/PG.Gombe par le parquet de Kinshasa-Gombe, repose sur une plainte d’UBA pour abus de confiance.
Selon la famille, trois confrontations successives ont établi que le compte professionnel de Glody avait été piraté. L’ex-employé clame qu’il n’a jamais émis seul les messages incriminés, et qu’il avait lui-même saisi le Conseil national de cybercriminalité pour signaler une usurpation d’identité. Il soupçonne des agents de la banque d’avoir monté un complot.
Le mandat d’arrêt provisoire a été délivré le 30 avril. Dès le 4 mai, la famille estime la détention illégale, faute de présentation devant le juge dans les délais.
Le 13 mai, une ordonnance de placement en détention préventive est rendue par le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema, immédiatement frappée d’appel.
Le 19 mai, le tribunal de grande instance de Gombe déboute le détenu. Ses proches dénoncent un « non-respect de la déontologie judiciaire » et un traitement expéditif.
Opéré récemment d’une intervention délicate, Glody Aleko Kibwila souffre de complications postopératoires et nécessite des soins rapprochés.
Une demande de liberté provisoire pour raisons médicales a été déposée, sans réponse favorable à ce jour.
La famille alerte sur les risques que cette détention prolongée fait peser sur sa santé déjà fragile.
Le Parquet général près la Cour de cassation a demandé la communication du dossier dès le 22 mai 2026. Pourtant, depuis cette date, le Parquet de Kinshasa-Gombe retient toujours le dossier sans le transmettre.
La famille dénonce une obstruction délibérée : « Le procureur général de Gombe continue à retenir le dossier tout en sabotant toutes les normes et procédures judiciaires », peut-on lire dans son communiqué.
Ce blocage empêche toute avancée de la procédure devant la haute juridiction.
Les proches de Glody Aleko Kibwila en appellent aux autorités judiciaires pour un débat contradictoire loyal, ainsi qu’aux organisations de défense des droits humains et aux médias pour suivre ce cas emblématique des dérives potentielles de la détention préventive en RDC. « Il est revenu volontairement pour prouver son innocence.
Le maintenir en prison dans cet état, sur une procédure irrégulière et maintenant bloquée délibérément, est inadmissible », conclut Didier-Alex Aleko Momabaya, représentant de la famille.
Régis MBUYI NGUDIE